19/11/2008

La préparation et le financement des Jeux

Quelques Chiffres :

En 2006, plus d’un million de spectateurs et de touristes ont participé à l’événement, ainsi que 10 000 journalistes de la presse écrite, 20 000 volontaires, qui font également partie de la machine logistique, et naturellement les 2 500 athlètes, plus le personnel technique et les familles Olympiques, engagés dans 177 compétitions réparties sur 8 sites.
Plus de 65 chantiers (installations sportives, infrastructures routières, Villages Olympiques et Villages des Médias) devaient être réalisés dans les huit communes accueillant les compétitions: Torino, Pinerolo et Torre Pellice pour les sports de glace, les cinq communes de la Valle di Susa et de Val Chisone pour les épreuves de ski, biathlon, bobsleigh et luge.
D’importants investissements ont été destinés à la zone alpine. 250 millions ont permis la rénovation de stations de ski, pour la réalisation d’installations d’enneigement. Le budget global se situe aux alentours de 1.900 millions d’euros, qui ont été couverts en partie par des investissements privés et publics.
Deux entités créées pour les financements :

- le TOROC = Comité d’organisation des XXe Jeux Olympiques entité de droit privé à but non lucratif instauré en 1999 par la ville et le Comité National Olympique Italien devait établir les priorités, coûts, localisations qui une fois approuvés par le gouvernement italien étaient réalisés par :
- l’AGENCE TURIN 2006 une entreprise publique créée selon la loi 285/2000 bénéficiant d’un financement assuré par l’Etat pour la réalisation des infrastructures.

Financement public ou privé ?

Modèle mixte où l’activité du TOROC a principalement bénéficié de fonds privés et inversement la majorité des investissements pour les travaux d’infrastructures ont été publics et réalisés par l’Agence Turin.
Seuls 6% d’investissements privés pour les infrastructures soit l’équivalent de deux villages de médias et du village olympique de Sestriere. En ce qui concerne le reste des fonds, les principaux investisseurs ont été l’Etat mais aussi la région et la ville.
Les activités du TOROC ont été financées par les entreprises partenaire, les droits télévisuels, des profits provenant de la vente des billets, des droits sur les produits de licence et de la vente de services et de produits pendant et à la fin des Jeux.

Tensions entre le TOROC et l’Agence Turin à propos du financement

Cependant, des litiges entre le TOROC et le gouvernement ont eu des conséquences sur le financement. En 2003 lors du travail de préparation fut créé un cabinet où des représentants du TOROC, de l’Agence Turin, de la ville, de la province, de la Région Piémont et du CONI devaient se consulter sous la houlette du président de la Région Enzo Ghigo. L’année suivante de nouvelles tensions apparurent entre le gouvernement qui jugeait la gestion du TOROC inefficace alors que ce dernier accusait le gouvernement de ne pas respecter ses engagements financiers. Afin de résoudre cette crise le gouvernement créa un poste de superviseur des travaux.

Le déficit budgétaire du TOROC s’élevait alors à 230 millions d’euro, les entreprises locales s’engagèrent à en payer 70, et le gouvernement 160. Cependant une partie des fonds promis par le gouvernement n’a jamais été engagée, de ce fait en décembre 2005 le déficit budgétaire s’élevait à plus de 100 millions d’euro, qui sera en partie comblé grâce à l’investissement de plusieurs établissement bancaires (30 millions), à l’organisation d’une loterie nationale (20 millions), à la participation de la compagnie électrique de Turin (5 millions), le reste fut assuré par une fidéjussion de la ville de Turin offrant comme garantie les infrastructures olympiques.

Aujourd’hui, on estime le coût de l’organisation des Jeux Olympiques, c’est à dire la totalité des dépenses du TOROC a environ 1,5 milliard d’euro. Les bénéfices n'ont pas atteint cette somme puisqu'on évalue un déficit de 38 millions d’euro. En ce qui concerne la réalisation des travaux dont s’occupait l’Agence Turin 2006 le coût s’élève à 2 milliards d’euro.

L'Environnement au coeur des Jeux

Dans le cas des Jeux de Turin, on remarque immédiatement ce réel effort de protection du territoire sur le long terme. En effet, depuis quelques olympiades, le projet de développement durable de la ville candidate constitue un des points forts du dossier de candidature. D’ailleurs, le Comité d’organisation, le TOROC en a fait une de ses priorités. Les JO représentent un défi environnemental de taille.

Dés le début de sa création, le TOROC a suivi une politique environnementale s’appuyant sur différents éléments :
Les engagements contenus dans le Plan d’Action Environnemental (Green Card), présenté en phase de candidature ;

- Les principes de l’Agenda 21 du Mouvement Olympique ;
- Les indications mentionnées dans le Manuel sur le Sport et l’Environnement du CIO ;
- Le processus d’Évaluation Environnementale Stratégique (EES) appliqué au Programme Olympique contrôlé par la Région et le ministère de l’environnement
- L’adhésion au règlement EMAS ( European Eco-Management and Audit Scheme)
L’un des résultats les plus significatifs du point de vue environnemental a été la remise du prix européen Emas. C’était la première fois qu’était attribuée la certification environnementale à un comité d’organisation d’une manifestation sportive.

Cette expérience pourra être utile à d’autres événements sportifs grâce à un projet de lignes directrices lancé avec la Commission européenne. D’ailleurs, un document intitulé « Principes directeurs pour la mise en œuvre de l’EMAS dans les manifestations sportives » réunit les résultats du travail du TOROC relatif aux études sur la durabilité environnementale des Jeux. Il pourra ainsi être consulté et devenir une référence nouvelle pour l’organisation de futures manifestations.

Le TOROC a également signé avec le PNUE (Programme des Nations Unies pour l’Environnement) un protocole de coopération pour le développement conjoint des programmes de développement durable liés au déroulement des Jeux. Outre des projets spécifiques visant à l’application des concepts de durabilité environnementale et de production plus propre, des campagnes de sensibilisation et d’éducation sur les principales questions environnementales ont été diffusées, les sponsors y étaient associés.

Les projets ont tous été liés à des objectifs d’amélioration prévus dans le système de management environnemental qui prévoyait de :

- faire des Jeux un événement à impact neutre sur le climat,
- vérifier le bon management environnemental des ouvrages permanents,
- introduire des exigences environnementales dans la réalisation des ouvrages temporaires,
- réduire l’impact environnemental des activités exercées dans les bureaux,
- minimiser les impacts de la gestion des déchets produits lors de l’événement,
- valoriser les performances environnementales des sponsors et des fournisseurs des Jeux,

Dans le cadre du protocole de coopération, la “Déclaration Internationale pour une production plus propre” a également été signée et le TOROC a élaboré un document dans lequel sont définis les engagements pris pour en assurer l’application :

- influencer et encourager ses partenaires commerciaux, le public et toutes les personnes intéressées à adopter les modalités de prévention et de consommation durables ;
- créer un département spécifique au sein du Comité d'Organisation ;
- promouvoir de manière concrète l’adoption de stratégies de prévention à tous les niveaux du Comité d’Organisation ;
- trouver des solutions innovantes et faire partager son expérience

Introduction aux Jeux Olympiques de Turin 2006

Organiser les Jeux Olympiques signifie avant tout participer à un évènement de prestige. Certes, ces derniers requièrent un effort financier important dont les retombées économiques ne sont pas immédiates, mais ce défi logistique et humain est un challenge qu’aucune ville ne pourrait refuser. La vitrine qu’offre cet évènement sportif est internationale, les valeurs qu’il véhicule sont fondamentales. Ainsi, le Comité International Olympique considère l’Environnement comme la troisième dimension du mouvement Olympique avec le Sport et la Culture.

La réflexion sur la préservation de l’Environnement conditionne le financement et l’organisation des Jeux. En effet, le financement est l'enjeu majeur de ce type d'évènement, souvent les villes organisatrices font un investissement sur le long terme qui les conduisent parfois à l'endettement. Il convient alors de s'interroger dans le cas des Jeux de Turin quels ont été les bénéfices ou plus généralement quel a été l'impact de la manifestation.

Il va sans dire que cet évènement a été pour le Piémont l’occasion d’affirmer une nouvelle identité plus dynamique de son territoire souvent perçu terne et froid. Le besoin d’équipements sportifs nouveaux et la nécessité d’augmenter la capacité d’accueil ont constitué une impulsion unique pour la rénovation de la ville. Ces interventions ont participé à la redéfinition du rôle économique et culturel de la Région.